julho 02, 2004

Umberto Eco, sobre esquerdas

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La première concerne, en France comme en Italie ou en Allemagne, de petits groupes issus d'un excès de gauchisme. La Terre est ronde : on ne peut pas aller trop à gauche. A force de poursuivre l'idée la plus extrême, la plus provocatrice, la plus « novatrice », on fait le tour, et l'on se retrouve à l'extrême-droite. C'est ce qui est arrivé à certains.
La deuxième raison, ce sont les dogmatismes passés de la vieille gauche. Il fut un temps où tous ceux qui pensaient différemment de nous étaient des fascistes. En réaction à ces excès passés, on a tendance aujourd'hui à tendre la main à tout le monde, et à ne plus discerner où sont les ennemis et les lieux de capture. Il est vrai qu'il faut une capacité de discernement particulière, et finalement rare, pour reconnaître la bonne foi et le caractère éventuellement généreux des mobiles de nos adversaires sans pour autant justifier leurs choix idéologiques.
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(in: La pensée est une vigilance continuelle)

Publicado por ecos em julho 2, 2004 10:58 AM
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